lundi 11 juin 2012

Trail Oisans 2012 : 03 Mon corps découvre le Trail

Voici la suite de mes aventures lors du Trail de l'Oisans.
 
Plutôt que de vous faire un CR (Compte rendu) décrivant le parcours, ma position et ma forme durant les différents moments de cette belle course, je préfère vous faire partager ce que chacun de mes membres a pensé et ressenti durant ce trail.

Un peu à la manière de Grand Corps Malade dans la chanson : Ma Tête, mon coeur, mais bien sûr avec beaucoup moins de talent que lui.
  
- Mes pieds : Ayant oublié mes semelles orthopédiques, ils apprécient la place dont ils disposent dans les chaussures. Avec tout cet espace, rien que pour eux, ils ont l'impression d'être à l'intérieur d'une limousine ! 
Pour la toute première fois, ils vont courir en pleine montagne, et une petite euphorie les gagnent à l'idée d'arpenter des terrains inconnus. Durant la course, ils auront connu différents types de sol : 
  • Du macadam : ça ils connaissent trop bien. 
  • De la terre : peu de chocs ressentis lors des pas. 
  • De la pierre : on ralentit, on regarde bien où on se pose. 
  • De la boue : ça salit, mais c'est pas grave, on est là pour s'amuser. 
  • De l'eau : ben ça nettoie tout et en plus ça rafraîchit !
  • De la neige : brr !! Mais c'est froid !! En plus, on glisse, c'est pas drôle !
  • De la terre détrempée : Ca gliiiiiiisse !! Pas possible de courir....
Ils se sont bien fait plaisir. ils ont bien apprécié cette longue balade.

- Mes mollets : Emmitouflés dans les manchons de compression, ils se sont laissés bercer durant toute la course. Quasiment aucune impression de fatigue. Tranquilles, même s'ils n'ont pas vu grand chose du paysage, prendre ainsi l'air leur a fait du bien.

- Mes cuisses : Alors qu'au début de la course, elles étaient contentes d'effectuer pour la toute première fois, une course en nature. Elles ont vite déchanté, lorsque la bise fut venue. Se remémorant de lointaine récitations, elles les adaptèrent rapidement à la situation du jour.
   Que faisiez-vous lorsque vous étiez sur les courses sur route ?
   Vous chantiez ?
   Vous êtes désormais sur un trail avec du dénivelé!
   Vous allez pouvoir danser maintenant !!
  
La joie initiale a vite laissé la place à une grande lassitude, de la fatigue. Elles pestaient régulièrement contre les pieds qui semblaient s'amuser sur cette course. C'est vraiment pas juste de faire tout le boulot, se disaient-elles !! 
 
Mais elles n'ont pas eu le choix et souvent sans mots dire, et parfois elles durent maudire le reste du corps, durant la course. Elles ont ensuite eux des petits maux durant les jours qui ont suivi la course, et malgré les petits mots tendres à leur encontre, elles me firent comprendre à mi-mot qu'elles n'avaient guère apprécié un tel traitement.

- Mon estomac : Tranquillement bercé durant la course, il était en mode "pacha" ! En effet, il savait que le corps serait à l'écoute du moindre de ses désirs et de ses envies. De plus, il n'a même pas eu besoin de réclamer quoique ce soit, ces envies étaient assouvies bien avant qu'il en exprime le besoin.
Un vrai pacha vous dis-je. De l'eau, du coca, des gels salés et sucrés, du thé, de la grenadine, des Tucs (miam !!), une barre énergétique, rien n'était trop bon pour lui. Et, par petites quantités régulières durant toute la course, afin d'éviter qu'il ne se fâche, il a dégusté chacun de ces mets et délicats breuvages.

- Mes poumons :  Ils n'ont eu de cesse de profiter de cet air naturel. Un vrai plaisir !

- Mes mains : Eh, oui !! J'ai utilisé mes mains sur cette course !
Comme souvent en forêt, j'aime toucher les arbres. J'aime penser que certains d'entre eux ont plus de 50 ans, voire beaucoup plus et alors qu'ils se dressent ainsi majestueusement, je me fais l'effet d'un petit insecte qui demanderait l'autorisation de circuler sous leur bienveillance.
De même, lors du premier passage sur de la neige, je n'ai pu résister à l'envie de la toucher et de sentir son contact froid. Et, pour ce faire, je suis allé sur une zone sans traces de pas, un endroit où la main de l'homme n'a jamais mis les pieds (j'adore cette expression !).
Elles furent bien utiles lors des passages en pente sur de la terre détrempée, où j'ai dû me retenir aux racines et herbes aux alentours afin de limiter mes glissades.

- Mes oreilles : La nature et sa douce quiétude ! On pourrait croire la nature, calme et au repos, mais elles prirent beaucoup de plaisir à entendre le fracas des torrents, le bruit du vent dans les arbres, le bruit des pas dans la neiges, les détonations assourdissantes des éclairs (certains ont terminé avant la pluie, d'autres ont su "patienter"....), le bruit des pas dans l'eau, et le "floch-floch" des chaussures gorgées d'eau, le bruit des Tucs que l'on mâche, les paroles réconfortantes des bénévoles.

- Mon cerveau : En véritable chef d'orchestre, il a du composer avec les désirs et les envies de chacun, afin de mener le corps au bout de ces 36km de course. Et surtout de calmer le désarroi des cuisses qui ont eu la lourde tâche d'encaisser les 2 000m de dénivelé.

10 commentaires :

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    1. Rigolo certes mais pour une abeille antillaise s'en méfie !! ;-)

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  2. Une façon originale de raconter ta course.

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    1. Merci à toi. C'est une façon de leur rendre hommage. C'est eux qui ont fait tout le boulot !

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  3. 2000 m D+ pour 36 km ca pique
    pas mal cette description du point de vue des membres du corps humain cela me rappelle un certain sketch de Roland Magdane

    http://youtu.be/3XwJiMab-TE

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    1. Ca pour piquer, ça pique !!
      Pour une première, mes cuisses s'en sont souvenu durant un peu moins d'une semaine !!
      Merci pour le lien.

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  4. Pourquoi dis tu que c'est une premiere ? Tu as quand même termine deux fois L'Eco-Trail si je ne m'abuse

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    1. Disons que je fais une (légère) différence entre un vrai trail en montagne avec du D+ et l'ecotrail au profil bien bien plus plat. Mais sans pour autant ni dénigrer ni favoriser l'un par rapport à l'autre.
      Pour faire simple, pour moi un trail, c'est du D+ et de beaux paysages !! ;-)

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  5. Y a rien de plus drôle que la neige !!!!

    et pour la petite info, l'air des montagnes n'est pas aussi pur que tu le crois, surtout autour de Grenoble.

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    1. La neige est certes amusant mais lorsque l'on a aucune accroche, cela devient nettement moins drôle.
      L'air des montagnes est bien moins nocif que l'air parisien. ;-)

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